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Le New York Times a récemment révélé que peu de temps avant son décès, XXXTentacion avait signé un contrat avec le label Empire pour la distribution d’un troisième album studio. De part et d’autre de la table, la décision d’avait rien d’anodin… Empire s’engageait auprès d’un artiste dont les titres venaient d’être bannis des playlists Spotify en raison de la nouvelle politique de lutte contre les comportements haineux de la plateforme de streaming (suite aux pressions exercées par certains poids lourds de l’industrie et notamment par le dirigeant du label de Kendrick Lamar Top Dawg Entertainment, cette politique avait été annulée par Spotify pour réintégrer XXXTentacion à ses playlists, et notamment dans la célèbre playlist RapCaviar après son décès) ; de son côté, XXXTentacion signait pour une offre moins lucrative que celles proposées par les majors de l’industrie musicale, mais qui lui garantissait les droits sur sa production musicale et une part plus importante des revenus générés. D’après le fondateur et dirigeant d’Empire Ghazi Shami, le rappeur aurait eu le temps de mettre de côté « une quantité non-négligeable de contenu » pour son nouvel album, mais n’avait pas décidé de ses modalités de sortie. Si le projet devrait bien voir le jour cette année, il pourrait être repoussé à octobre à cause d’une clause de son précédent contrat de distribution avec Caroline, une structure intégrée au label Capitol Music Group lui-même détenu par le géant Universal Music Group.

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Passionné de rap, Ghazi Shami se lance dès sa majorité dans la production et le DJing, avant de décrocher en 1999 un bachelier universitaire en ingénierie à l’Université d’Etat de San Fransisco. Pendant une dizaine d’années, il exerce comme ingénieur du son tout en orientant progressivement son profil vers les professions de l’industrie. Son background et son expérience lui permettent de décrocher un poste de consultant auprès de la société de distribution et de marketing INgrooves entre 2006 et 2009. De sa rencontre avec Nima Etminan, diplômé en management des médias à l’Hamburg Media School et co-fondateur du portail rap DubCNN, naîtra en 2010 la structure Empire. De simple agrégateur de distribution digitale (permettant aux artistes de placer leur production musicale sur les princpaux services de vente de musique en ligne et plateformes de streaming), Empire entamera en 2013 un virage en commençant à opérer comme label, avec comme première signature le rappeur Sage The Gemini. La force d’Empire, ce sont ses contrats non-exclusifs (autorisant les artistes à recourir à un autre service de distribution) et offrant une part avantageuse des revenus aux artistes (sur une base de 80% pour l’artiste et 20% pour Empire). Associés à une compréhension précoce de l’importance à venir du streaming, ces contrats offrant aux artistes souplesse et transparence favorisent le développement exponentiel d’Empire, qui se constitue un catalogue urbain incroyablement étendu, des artistes de Top Dawg Entertainement à Anderson Paak en passant par Rich Homie Quan et Young Dolph. Outre ses contrats avantageux, la société se targue d’offrir à ses services un véritable partenariat (curation, développement, placements auprès des médias et playlists…), une volonté de promiscuité qui a d’ailleurs grandement contribué à sa croissance. Le 25 avril dernier, Empire parachève son ascension en signant un contrat avec Universal Music Group. Pour Universal, il s’agit de faire bénéficier certains artistes de son catalogue de « l’approche unique d’Empire en matière de distribution, de ventes digitales, de promotion et de marketing ». De son côté, Ghazi Shami affirme que « le mélange unique de taille et de puissance d’Universal combiné avec la rapidité et l’ingéniosité d’Empire sera une force dans l’industrie ».

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