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L’impact de Roc Marciano et du crew Griselda au sein de la scène New-Yorkaise pure et dure a souvent été abordé car ils ont permis à certains artistes de se réinventer artistiquement. Ainsi nous avons dressé une liste de groupes et producteurs ayant su tirer profit de cette réanimation miraculeuse grâce aux artistes et entités sus-cités. Toutes les couches de la scène New-Yorkaises seront explorées, des rookies devant encore prouver aux vétérans revanchards en passant par des artistes en place mais méritant davantage de reconnaissance.

➡ Benny The Butcher, un artiste rare et percutant à la fois

Lorsque le nom de Griselda est évoqué, le public a souvent tendance à nommer le duo Hall’N’Nash, Conway & Westside Gunn et du génie Daringer qui assurent leurs arrières a la production. Pourtant, s’il y en a bien un qui pour l’instant n’a jamais déçu, c’est bel et bien Benny The Butcher. Globalement ce dernier est dans l’ombre de ses confrères, mais la raison n’est certainement pas son manque de talent derrière un micro. Aussi bien sur ses titres solos, les morceaux en groupe, ses freestyles ou les invitations diverses et variées sur des projets, le rappeur ne lésine pas sur la qualité. A l’instar de ses confrères, il ne nous envahit pas de projets, préférant exceller à chaque apparition.

Ses derniers faits d’armes ? Ses couplets sur les morceaux  Brutus et  GODs Don’t Bleed issus de l’album de Supreme Blientele de WestSide Gunn. Mais aussi ses apparitions sur les morceaux Stay Down de Musalini, Gorillas de CrimeApple & Big Ghost Ltd ou encore What Hustlas Do de Rigz. Afin de couronner le tout, il sortira Butcher On Steroids fin 2017, en collaboration avec le légendaire DJ Green Lantern,  Stabbed and Shot  avec 38 Spesh ou encore plus récemment The Friend of Ours. Si Benny s’est longtemps fait discret au profit de ses trois comparses, il semblerait avoir compris que son talent et son potentiel sont grands, très grands. Si Benny The Butcher continue de nous servir une cuisine pareil, il risque d’être la future et véritable tête d’affiche du crew.

➡ Willie The Kid, le retour aux fondamentaux

S’il y en a bien un n’ayant pas eu la carrière qu’il mérite, c’est bien lui. Pourtant, un artiste ne peut pas rêver mieux comme lancement de carrière : Une apparition surprise et dont tout le monde aurait rêvé de faire sur un projet classique de DJ Drama, 5000 Ones en compagnie de stars telles que Nelly, T.I., Diddy ou encore Jeezy en passant par un premier projet, Absolute Greatness très prometteur et une relation très proche avec Drama, qui l’accompagnera sur ses premières mixtapes. Malgré l’ensemble de ces paramètres, Willie The Kid retombera rapidement dans une sorte d’anonymat. La cause ? Un changement de style flagrant. Ainsi c’est en 2013 que la douce voix aigüe du prodige déchu revient dans nos oreilles grâce à un excellent EP en collaboration avec Alchemist, Masterpiece Theatre et notamment grâce au morceau classique Halal Tuna, cela sera d’ailleurs le premier projet accueillant une collaboration Willie The Kid – Roc Marciano, une première mais surtout pas la dernière.

Cependant il aura fallu attendre 2017 et Deutsche Marks afin que le rappeur du Michigan s’impose tel un véritable cador de la scène américaine et qu’il s’exporte à nouveau de manière importante. Cette fois ci, il ne veut pas laisser passer sa chance a côté. Immédiatement après cet excellent album, il décide d’en sortir une suite, toujours en collaboration avec le même producteur, V Don. Cette suite s’intitulait Blue Notes et disponible depuis décembre dernier. C’est désormais avec un succès d’estime et une notoriété confirmée que Willie The Kid démontre tout son talent et son expérience au micro comme l’atteste son dernier projet avec Klever Skemes, Gold Rush. A 37ans, le rappeur semble renaître à nouveau et prêt a prendre sa revanche sur sa carrière déchue.

➡ Styles P, la légende de New-York

Très peu actif en solo, le fantôme des Lox s’est trouvé une seconde passion : Joker de luxe, quand il s’agit d’aller cracher du feu chez les copains. Des jeunes rookies jusqu’aux vétérans, Styles P n’épargne personne avec une écriture toujours aussi acerbe et aiguisée. Outre son EP & son album Nickel’s Bag & G-Host, le public aura pu entendre l’orateur du Queens sur quelques projets important tels que celui de Benny & 38 Spesh sur Driver Seat ou encore sur Love Is A Funny Thing d’Evidence. Discret, comme ses compères Jadakiss & Sheek Louch mais toujours présent quand il faut cramer un microphone.

➡ Le retour tant attendu de Knowledge The Pirate

Le seul rappeur de New York ayant rappé sur une prod de Neptunes semble enfin refaire surface. Aussi actif qu’un muet, Knowledge The Pirate s’est refait une santé grâce à ses diverses apparitions sur les projets de son fidèle ami Roc Marciano. Mais la frustration de ne pas l’entendre sur un véritable projet solo aura assez duré puisque depuis le 03 Aout, nous pouvons entendre le vétéran à travers son premier album Flintlock. Une frustration qui dure depuis plusieurs années tant les morceaux en solo se font rares et ses interventions sur No Smoke ou Didn’t Know sont des purs bijoux pour les oreilles.

➡ Le rookie le plus talentueux de New-York, Rigz

Bien que les meilleurs recettes se font dans les vieux pots, pour qu’une scène prospère, la présence de rookies est indispensable. Après un album où l’artiste de Da Cloth a pu seulement acquérir un petit succès d’estime, Rigz est revenu avec deux grosses mixtapes disponible gratuitement via Datpiff, I Got Sample 1 & 2, host par deux grosses pointures du rap us, Statik Selektah & DJ Green Lantern. Grâce à ses projets, ce même Rigz pourrait très rapidement faire sensation que cela soit en solo ou avec son groupe, Da Cloth, composé de Rob Gates, Mooch, Maverick & lui même.

➡ Mach Hommy, l’ascension éclair New-Yorkaise

Une ascension fulgurante et surprenante pour un artiste qui aurait pu rester dans l’ombre de ses confrères et s’empêtrer dans un gouffre musical avec son ami God Fahim, à cause d’un beef entre ce dernier et ses confrères de chez Griselda. Mais d’une main de maître, il a su se libérer de ses chaînes de l’underground qui l’attendaient puisqu’il s’est placé sur l’album d’un des vétérans les plus respectés du Rap US, en plus accompagné d’une autre personnalité très respecté, à savoir Evidence & Alchemist. En effet, Mach s’est vu invité par les Step Brothers pour participé au morceau Sell Me This Pen issu de Weathers or Not d’Evidence. Après la pluie, le beau temps pour un Mach qui semble désormais avoir un avenir radieux.

➡ Tous les voyants sont au vert pour l’explosion de CrimeApple

La dernière pépite made in East Coast. Probablement un des artistes ayant le plus de chance d’être mis en avant ces prochains mois. Une technique irréprochable, un style original et très plaisant, un entourage de très grande qualité. C’est d’ailleurs CrimeApple qui s’offre la plus grosse performance de Supreme Blientele de WestSide Gunn, dominant le rappeur de Buffalo et une production sur-mesure d’Harry Fraud sur Spanish Jesus. Si vous avez besoin d’une petite entrée, un apéritif digéstif avant de mettre les pieds dans le plat, il est fortement conseillé d’écouter Aguardiente, son projet en collaboration avec le talentueux Big Ghost Ltd, sorti en Mars dernier. Mais une scène ne se renouvelle pas uniquement avec des rappeurs, elle se renouvelle aussi avec les artistes de l’ombre, ceux pour qui cette magie ne serait finalement que de la mythologie et des légendes : les producteurs.

➡ Alchemist, le pionnier de New-York

Il s’agit de l’un des artisans principaux de cette renaissance, le retour de l’east coast avec ses lettre de noblesse. Il faut notamment parler de ses placements pour des artistes aux profils divers et variés, allant de Migos à Caballero & JeanJass, en passant par des projets en collaboration tels que Masterpiece Theatre avec Willie The Kid, Carrollton heist et Covert Coup avec Curren$y, No Idols avec Domo Genesis ou encore Rare Chandeliers avec Action Bronson. A l’instar de sa musique, Alchemist a su traverser les époques et se renouveler afin d’insuffler un air de renaissance parmi les rangs de New-York, notamment gangrené par la folie d’A$ap Rocky & Ferg. Au-delà de son génie musical, il faut aussi noter son incroyable générosité, ne rechignant jamais à collaborer avec qui que ce soit. Egalement DJ officiel d’Eminem, il ne serait pas étonnant de lire que c’est notamment grâce à lui que l’on peut voir le crew Griselda sous le drapeau de Shady desormais.

Comment Alchemist a fait renaître la scène new-yorkaise

➡ L’homme à l’origine de ce renouveau, Roc Marciano

Le principal instigateur de cette renaissance, lui qui a donné le coup d’envoi de ce mouvement s’avère être davantage qu’un excellent rappeur. Bien qu’il opère souvent pour sa propre personne, cela lui arrive d’avoir quelques placements pour ses compères. Mais au-delà, c’est surtout son minimalisme au niveau de ses productions qui a inspiré certains artistes New-Yorkais.

➡ Daringer, la touche atypique dans toute sa splendeur

Ses productions semblent désormais plus frustrantes qu’intéressantes tant son style, très lent et très sombre, peut rapidement devenir fastidieux, toutefois c’est lui qui a changé la donne dans cette reconstruction éclaire. Auteur de partitions de haut vol sur Reject 2 & FlyGod de ses compères Conway & WestSide Gunn, l’homme de l’ombre de Griselda a su imposer son style en un temps record, mettant au diapazon tout le monde. Bienvenu dans un monde ou les instrumentales sans drum sont reines, où les samples crades et parfois coupés à l’arrache sont ici, chez eux.

➡ La leçon de vie de Big Ghost LTD

Le travail paie toujours quoi qu’il arrive. C’est en tout cas un bel exemple. En effet, en l’espace de 4ans le producteur a su se faire une belle place avec des collaborations et des placements de qualité. De Griselda Ghost avec WSG et Conway a Van Ghost avec AnkhleJohn, en passant par Aguardiente, Cocaine Beach avec Hus Kingpin ou encore The Ghost Of Living avec Vic Spencer, le producteur a démontré qu’un son de qualité passe tout d’abord par une production de qualité.

➡ Le succès tardif pour V Don

Producteur solide depuis bien avant 2017, notamment sur They Killed Pookie avec Westside Gunn & Conway, le producteur a pris définitivement son envol grâce à sa collaboration avec Willie The Kid. Deux projets plus tard et de solides connexions, notamment avec un autre mc sur le come-up, non cité malheureusement, Lil Eto, le producteur a su consolider son succès et semble être prêt a franchir un cap important en travaillant avec des artistes de renom tel que Dave East ou Smoke Dza.

➡ Chup The Producer, l’éclosion tardive

Le succès d’estime de Chup est davantage récent que celui de ses compères et continue à grandir de jour en jour. Notamment connu pour ses placements grandioses sur les projets de Rigz, Chup n’a pas encore eu l’occasion de véritablement se placer ailleurs, ses solides connexions notamment avec Benny lui permettront sûrement d’ouvrir de plus grandes portes et éventuellement réitérer son exploit de composer pour un vétéran aussi grand que Lloyds Banks.

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