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Avec 32.811 exemplaires de son nouvel album Inspi d’Ailleurs écoulés en première semaine, Jul se classe haut la main au sommet du top ventes de la semaine. Pourtant, il s’agit de son pire démarrage depuis celui de l’album de ses débuts Dans ma paranoïa et ses 8.506 ventes. En comparaison, son album précédent La tête dans les nuages s’était écoulé à 45.909 exemplaires (soit une baisse de l’ordre de 29% d’un album à l’autre, contre 6% de Je ne me vois pas briller à La tête dans les nuages). Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le streaming qui est à l’origine de cette évolution, puisque malgré une légère baisse de 13% (en partie attribuable au nouveau mode de comptabilisation du streaming du SNEP), son poids relatif dans le total des ventes est lui passé de 38% pour Je ne me vois pas briller à 42% pour La tête dans les nuages et enfin à 51% pour Inspi d’Ailleurs. Depuis 2017, on constate que la structure des ventes du marseillais est en pleine transformation, et que le streaming y occupe une place de plus en plus importante au point de représenter plus de la moitié du total pour la première fois avec Inspi d’Ailleurs. Dans le même temps, les téléchargements baissent systématiquement de 20% à 25% d’un album à l’autre, une évolution naturelle liée à la perte d’intérêt du format digital. En revanche, les ventes physiques ont chuté de 43% entre La tête dans les nuages et Inspi d’Ailleurs, soit un passage de 22.362 à 12.776 ventes en première semaine. Cette baisse des ventes physiques peut traduire un relâchement de l’engagement du public de Jul, peut-être attribuable à une campagne marketing très cadrée qui contraste avec les habituelles improvisations géniales du marseillais, ainsi qu’à une direction artistique très soignée au risque de faire disparaître le sentiment d’ouverture et d’authenticité que le rappeur avait su créer sur ses projets précédents. Pour autant, il est impensable que ce relâchement soit si important qu’il génère une baisse de près de 10.000 ventes ; il est probable que cette baisse soit circonstancielle (l’album est sorti au beau milieu de l’été et en pleine Coupe du Monde, et c’est justement le mode de consommation qui implique un déplacement qui pâtit le plus) plus que tendancielle.

➡ Les certifications d’albums et premières semaines

DJ Kayz est l’un de ces artistes au statut à part, qui ont su développer autour d’eux de véritables écosystèmes. Au travers de sa société Tamils Music distribuée par Bendo Music, l’artiste a rythmé les beaux jours des années 2010 avec ses compilations et mixtapes Paris Oran New-York et Kabylifornie. Sa notoriété d’animateur et DJ lui permettent de développer son image de marque et son répertoire en invitant sur ses projets des têtes d’affiches comme Naps, Gradur, Sidiki Diabaté, Niro, Lartiste, Sadek, Seth Gueko et Mister You, mais aussi des artistes en développement comme RK, MRC, Hooss, Q.E Favelas et Heuss L’Enfoiré et des artistes confirmés comme Zesau. Résultat, Kayz place son album dans les charts dès sa sortie avec un score honorable et en profite pour créer u véritable univers artistique.

Avec Inspi d’Ailleurs, Jul signe l’un de ses albums les plus soignés, que ce soit artistiquement ou au niveau de la promotion. La transition avec un début de carrière marqué du sceau de la débrouille est frappante. Encadré et dirigé artistiquement, Jul développe des aspects de sa personnalité artistique qu’il n’avait jamais encore pu explorer. A l’inverse, certains éléments de sa promotion qui tentent d’exploiter son univers exubérant en le faisant rentrer dans des codes plus traditionnels semblent avoir un effet inverse, alors que la communication spontanée et désordonnée du rappeur sur ses premiers projets avait séduit le public par l’impression de proximité et d’authenticité qu’elle conférait. Si l’impact commercial du projet est moins important qu’on pouvait le penser, il n’en demeure pas moins qu’il est intéressant d’entendre Jul dépasser ses limites grâce à un accompagnement efficace et professionnel.

Il a fallu 24 jours à Ipséité pour être certifié disque de platine, et  21 à Lithopédion pour en arriver au même point. Malgré un meilleur démarrage en première semaine, le troisième album studio du rappeur belge a vu ses ventes baisser de 61% dès sa deuxième semaine d’exploitation, contre 58% pour Ipséité au bout de quatre semaines d’exploitation ! Cette fragilité de l’exploitation du projet sur la durée est due à une proportion de stream grandissante qui traduit une certaine curiosité du public, mais aussi un taux d’engagement moins important. Musicalement, le projet a reçu un accueil mitigé de la part du public, qui sans lui nier certaines qualités a du mal à la situer au niveau des deux précédentes sorties de Damso… Un facteur qui n’a pas manqué d’influer les ventes.

Electron Libre 2 est sorti le 17 février 2017, sa certification intervient plus d’un an après la sortie du projet, ce qui indique une audience certes moins importante que celle de certaines têtes d’affiches, mais aussi très fidèle sur la durée. Premier disque d’or de la carrière du rappel du XVIIème arrondissement de paris, il vient consacrer un parcours musical plus qu’honorable et une certaine notoriété parmi les amateurs du genre. Atout des artistes de moyenne ampleur, la fidélisation du public par le biais du marketing de proximité permet d’obtenir des taux d’engagements très importants et donc d’optimiser sa portée sur les plateformes de streaming. A noter que le rappeur avait également invité des artistes aux profils plus ou moins similaires sur le projet, à savoir Jok’Air et Haristone.

Sorti le 23 février dernier, Rien à branler a réalisé un démarrage à 25.040 exemplaires qui l’a propulsé vers le disque d’or, obtenu le 20 mars soit après moins d’un mois d’exploitation. A noter cependant qu’après l’obtention du disque d’or, les ventes hebdomadaires du rappeur ont progressivement baissé jusqu’à passer en-dessous de la barre des 2.000. Malgré tout, l’exploitation sur la durée du projet lui permet de décrocher un disque de platine un peu moins de 6 mois après sa sortie. Lorenzo, qui semble profiter de son statut ambigu à cheval entre l’art et l’humour, est parvenu à faire de ce premier album studio une véritable success story commerciale et ouvre la voie à de nouvelles réussites.



➡ Récapitulatif des singles certifiés or, platine et diamant

Plus de trois mois après sa mise en ligne, le clip de Va Bene se classe encore en quatrième position des clips les plus regardés en France, entre Djadja d’Aya Nakamura et Santana d’Alonzo, également extrait de la B.O à succès de Taxi 5. Avec 135 millions de vues sur YouTube, plus de 19 millions de streams sur Spotify, il se place également en 15ème position du top France sur Deezer derrière Smog de Damso. Autant dire que le titre un un véritable hit qui participe grandement au maintient de L’Algérino dans le top ventes hebdomadaire avec son dernier album en date International. Il a également contribué à l’exploitation très réussie de la B.O de Taxi 5 signée DJ Kore, qui s’approche du disque de platine avec 76.441 ventes cumulées.

La collaboration de Naps, dont le dernier album A l’Instinct compte plus de 110.000 ventes cumulées, et de l’étoile montante Soolking signée sur le label de Fianso Affranchis Music ne pouvait que donner naissance à un hit en puissance, et le résultat n’a pas manqué de se faire sentir. Plus de trois mois après sa sortie, le clip est encore le 15ème le plus regardé en France, avec plus de 60 millions de vues au compteur sur YouTube et plus de 8 millions de streams sur Spotify. Le succès du titre laisse augurer des chiffres impressionnants pour les sorties à venir de Soolking, qui n’a pour le moment dévoilé aucun projet solo et a misé son développement artistique sur des clips YouTube qui rencontrent un énorme succès.



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