PLK, le long chemin des ténèbres au platine…

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La précédente mixtape de PLK, Ténébreux, décrivait le quotidien d’un jeune d’une vingtaine d’années, entre bédave, potes et rap. Platinum souligne une franche évolution dans ce dernier, qui a gagné en reconnaissance depuis son dernier opus, notamment grâce à son passage dans l’émission Rentre dans le cercle de Fianso. Sous la bannière de Panenka Records, label créé par Fonky Flav’ de 1995, le rappeur originaire du 14ème arrondissement de Paris s’affirme comme un rappeur promis à un avenir radieux dans cette mixtape. Atteindre le platine n’est pas une tâche de tout repos, mais cela n’apparaît pas démesuré pour le membre du Panama Bende…

#FastChronique n°1 : PLK livre un contraste lumineux

➡ Des collaborations de qualité et une équipe de beatmakers solide pour un melting-pot auditif

PLK a su bien s’entourer pour préparer cette mixtape. Si les featurings sont peu nombreux, les prods demeurent puissantes. Les deux artistes invités sur le projet sont Krisy, très proche de PLK, dans Go, et Lefa dans Colis piégés, soit deux collaborations prometteuses. Au niveau du beat, le rappeur d’origine polonaise a construit une belle équipe, avec Benjay à sa tête. Aux côtés du beatmaker qui a réalisé Finis-les d’Alonzo, on retrouve Junior ou encore Hologram’Lo. Il a également fait confiance à ceux figurant dans Ténébreux, comme Donato dans High et Go (après avoir conçu All Night dans la précédente mixtape) ou Dez Watch dans Izé (après Pas ce soir). Si les instrumentales de Ténébreux sont plutôt sombres, nous retrouvons un beau melting-pot dans Platinum. Certains sons restent dans la même vibe, mais le projet est globalement plus dynamique. PLK pose même sur une instru pour rider dans Dis-moi oui. Les prods sont de grande qualité, et des samples feront resurgir de vieux souvenirs chez le spectateur : Rocky Balboa dans Mentalité et le dessin animé Les Ratz dans High.

➡ Une maîtrise technique de plus en plus soignée et des refrains peaufinés



L’univers musical garde donc la même base, mais il y a une évolution flagrante. Plus le temps avance, et plus PLK apparaît comme techniquement irréprochable. En effet, sa palette dans le rap est de plus en plus variée, ce qui témoigne de sa polyvalence. Sa technique varie d’un son à l’autre, il adopte une élocution plus lente dans C’est grave, alors qu’il kicke dans Pas les mêmes. Il confirme aussi son aisance à créer des refrains attractifs et dansants dès la première écoute. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est de voir à quel point PLK a su réinventer son flow. Il a aujourd’hui une vraie identité, une vibe qui lui est propre, alors qu’au début de son aventure avec le Panama Bende, encore très jeune à l’époque, ce n’était pas forcément le cas. Son rap misait tout sur le kick, ce qui restreignait son éventail. Avoir peaufiné son arsenal est un mal pour un bien, car pas sûr qu’il aurait eu le même succès en restant tel quel. Ainsi, il peut s’adapter à toutes sortes de prod tout en étant efficace et juste dans la mélodie.

➡ Un projet introspectif centré sur le chemin intérieur et les efforts accomplis par l’artiste

Si la forme est donc agréable dans cette mixtape, le fond est encore plus intéressant. Les thèmes principaux de Ténébreux sont encore présents, mais encore plus exploités et creusés. PLK aborde ainsi l’itinéraire qui l’a guidé jusqu’à Platinum. Cette mixtape est très certainement plus introspective que la précédente, tant PLK prend du recul sur le passé. Il nous démontre qu’il faut agir pour réussir, et qu’il n’a pas été avare d’efforts. Dès le début, avec Pas besoin, il nous conte le délaissement de rêves afin d’être dans le vrai et réussir. Des galères il en a connu, et le rap l’a sûrement écarté d’une vie dans les garages « toute la journée à changer des pneus ». La méfiance est également de mise, et il nous met en garde sur l’influence néfaste que peut avoir autrui sur nous-même. Deux ingrédients lui ont permis d’arriver où il est à l’heure d’aujourd’hui : le talent et la persévérance. La récurrence de ce sujet pourrait faire croire à de l’arrogance de la part du rappeur, mais ce n’est pas le cas, et il se montre parfois cynique, dans A A A par exemple. Il joue beaucoup avec cette fausse arrogance, qui peut néanmoins témoigner d’une grande confiance en soi chez « l’héritier du rap français » autoproclamé dans le track Platinum. Il remercie également ceux qui lui ont donné un coup de pouce important, Fonky Flav’(dans Pas besoin) et Fianso (dans Pas les mêmes).

➡ Une équipe toujours soudée, des ténèbres du quartier au soleil de la réussite

Même si la méfiance du monde extérieur est omniprésente, il n’oublie pas de citer sa bande de potes. Véritable richesse à ses yeux, il livre, comme dans Casino issue de Ténébreux, un son dédié à ses gars dans Homies. Il fait souvent allusion à son Panama Bende, avec qui il roule souvent, que ce soit à bord d’une grosse cylindrée ou dans la rue. La rue se voit consacrée dans le son éponyme, où nous sommes confrontés à une description complète de celle-ci, un storytelling rappelant celui effectué sur Ténébreux avec Casino. Il n’oublie pas d’où il vient, même s’il se projette également vers l’avenir. Deux objectifs sont exposés : la réussite dans le milieu du rap, en exposant des biens matériels souvent chers, mais aussi la satisfaction d’une mère. En effet, PLK parle souvent de sa mère et de la satisfaction que peut susciter la réussite d’un enfant. Cela montre toute l’importance qu’il lui accorde, bien au-delà de celle qu’il pourrait accorder à l’argent. Mais cette dernière donnée revient aussi. Nous parlions tout à l’heure de fausse arrogance, elle peut s’apparenter également à de l’ambition. En citant les biens matériels s’obtenant avec l’argent du rap, on voit clairement où il veut être dans le futur. Il veut avoir sa place au soleil, aux côtés des cadors du genre, et cela peut être souligné par l’enchaînement inversé Dis-moi ouiGo, où PLK veut emmener ses potes sous le soleil brésilien et quitter un quartier trop sombre.

➡ Et si Platinum était le second opus d’une trilogie de projets issus du même univers ?



Ces derniers jours, un lien clair a été établi entre les pochettes de Ténébreux et de Platinum. Les images parlent d’elles-même : même lunettes, même déchirures métalliques, polices d’écriture similaires. Platinum serait donc la suite directe de Ténébreux, un monde sombre et nocturne qui se dirigerait vers la clarté et la lumière. De plus, PLK aurait pu faire de Platinum un album, mais le sortir sous forme de mixtape montre une succession. Jamais deux sans trois ? Peu d’éléments nous permettent de dire oui, mais la théorie n’est pas totalement improbable. En tous les cas, ce ne serait pas de refus.

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