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Bien que les chanteurs de pop et les groupes de rock anglais n’aient eu aucun mal à se faire apprécier par nos amis les ricains (les Rolling Stones, Adele, Queen, Amy Winehouse, les Beatles et Elton John pour n’en citer que quelques-uns), cela n’a pas toujours été le cas pour les rappeurs made in UK. C’est vrai, ils utilisent la même langue et parfois un argot très proche donc on pourrait se demander les raisons de ce manque de présence de la scène anglaise au niveau du rap international. Cela pourrait s’expliquer par la différence des accents, ou tout simplement par le fait qu’ils ne voient rien d’extraordinaire dans le rap anglais par rapport à ce qu’ils ont de leur côté.

Les raisons de l’idolâtrie du rap US par les anglais sont évidentes: tout d’abord, les Américains sont les pères fondateurs du Hip-Hop, mais aussi de nombreux shows, séries ou films sont plus qu’appréciés par nos voisins les britishs. De notre côté en France, certains n’ont jamais pris le temps de se poser et d’écouter un peu ce qui se passe du côté du hip-hop anglais que l’on négligeait clairement (précisons bien «certains» avant qu’ils ne se sentent offusqués par mes propos). Mais depuis quelques années, le rap UK fournit une partie des meilleurs artistes grime underground de la scène hip-hop, comme par exemple M.I.A, Skepta, Wiley, Plan B, Tinie Tempah, Lady Leshurr

Le grime voit le jour dans les débuts des années 2000 dans le quartier de Bow à Londres. Ce style trouve son influence dans la dancehall, le UK garage (genre de musique électronique), le hip-hop et le drum & bass. Les pionniers du genre  sont des rappeurs comme Skepta, Wiley ou Roll Deep… Ces noms vous disent peut-être quelque chose. Ce sont les radios pirates britanniques qui ont aidés au développement du grime. Par le passé, voyant monter ce potentiel artistique au Royaume-Uni, le businessman P.Diddy avait même envisagé d’investir sur certains rappeurs britanniques avant d’abandonner.

De manière générale, les artistes ricains sont eux fans de l’Angleterre et également des artistes émergents sur la scène hip- hop. Drake quant à lui s’y intéresse de très près et adore les artistes issus du mouvement grime britannique et plus particulièrement Skepta, avec qui il collabore assez souvent et qu’il évoque dans de nombreuse interview comme «un artiste extraordinaire». D’ailleurs, lors de sa dernière visite à Londres, après son passage sur la scène avec les Section Boyz, le canadien annonce sa signature avec le label BBK (Boy Better Know), fondé par Skepta et son frère, qu’il confirme par la suite sur son compte Instagram.

Avec cette signature Drake se fait un bon coup de communication auprès du public anglais, mais il faut également avouer que dans quelques années certaines choses se passeront là-bas. Il joue un peu le rôle de grand frère canadien qui a su faire sa place dans le hip-hop US. Le choix de Skepta n’est évidemment par hasardeux mais plutôt stratégique: sa première tournée américaine s’est vendue à guichets fermés, carton plein pour le rappeur anglais qui a su apporter un air frais tout droit venu de Londres, faisant ainsi l’unanimité auprès du public US. Les collaborations avec Drake ont su apporter une sorte de «validité» au rap UK, si un artiste comme Drizzy s’y intéresse, c’est que la vibe est bonne.

Londres a donc trouvé sa place et a enfin sa propre identité dans le hip-hop, sans être une vulgaire copie des US comme certains aiment le dire. À la différence des kainrys, les britishs sont beaucoup plus simples dans leurs raps et non «bling-bling» que ce soit dans le style vestimentaire ou dans les lyrics, c’est la différence qu’ils font sur le sol américain, l’identification à ce genre d’artiste est donc moins complexe. Cependant certains rappeurs tels que le duo Krept et Konan, dont le titre Freak of the week en collaboration avec Jeremih vous parle certainement, ont conservé les codes du hip-hop typiquement américains.

En ce qui concerne la scène féminine, on peut dire qu’il y a un niveau qui n’est pas du tout négligeable. En 2012 le Rock The Mic avec Mikey J et The UK Female Allstars, qui est un cypher réunissant les rappeuses à l’accent british, avait bien fait parler de lui avec des artistes tels que Amplify Dot, Baby Blue, Lioness, RoxXxan, Mz Bratt et Lady Leshurr. Vous feriez mieux de garder un œil ouvert sur ces rappeurs et rappeuses, car le niveau et le talent sont présents chez nos voisins les anglais…

@Missmelibaby

2 Commentaires

  1. Putain j’ai arrêter de lire quand j’ai vu des noms comme Drake, Skepta et Tinie Tempah.
    Je pensais tombé sur un article qui parle de la vrai scène de rap UK, comme The Four Owls, Dirty Dike, Ocean Wisdom ou encore Split Prophets, mais non, je tombe sur un article écrit par un amateur et qui préfère parler des grosses merde pop/rnb made in radio.
    Encore une pseudo site de rap qui n’y connait rien et qui parle plus des artistes commerciaux sans réel talent que des vrais rappeurs, passé votre chemin si c’est du hip hop que vous cherchez, vous ne le trouverez pas ici.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire, après visionnage de leur soit-disant référence de rap UK c’est exactement la conclusion à laquelle je suis arrivé. Heureusement tu es là pour rattraper le tire, merci pour tes références que je ne connaissait pas. 😉

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