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Le 26 janvier 2018, la pluie fait rage aux quatre coins de la France. C’est à ce moment qu’Evidence décide de sortir son quatrième album solo. Un mois béni par le météorologue puisque quelques jours avant, Domo Genesis a décidé de dévoiler un projet en collaboration avec le rappeur producteur de LA. Après 20 ans de carrière, la plume de Mr. Slow Flow n’a pas changé d’un poil et mieux encore, elle s’est étoffée. Au vu de son style proche du rap de New-York, ce n’est pas une une surprise de le retrouver très souvent aux côtés d’Alchemist ou DJ Premier…



➡ Une illustration de la polyvalence d’Evidence ancrée dans l’univers de la météo

On retrouve d’ailleurs Alchemist et DJ Premier sur ce nouvel opus, (notamment auteurs des excellents singles Throw It All Away et 10 000 Hours), aux côtés de Nottz, Twiz The Beat Pro, Sam I Yam, Bungie et de son collègue des Dilated People, DJ Babu. Photographe et fan d’art a ses heures perdues, c’est donc avec un joli packaging qu’Evidence nous offre sa nouvelle pièce maitresse. Si on a pris l’habitude d’entendre de court projets durant ces deux dernières années, nous sommes ici en présence d’un jeu en 17 actes, tous également importants pour comprendre l’entièreté du projet. On retrouve aussi l’univers axé sur la météorologie qu’utilise Evidence depuis plusieurs projets. Le rappeur ne s’est pas privé de le souligner, il distille beaucoup de références issues du monde de la météo au travers de ses morceaux, de ses albums ou même de ses clips et covers. Cet album lui permet donc de boucler la boucle pour laisser place à une nouvelle saga…

Parmi les invités, nous pourrons retrouver les habituels Defari, Krondon, Alchemist ou Rakaa de son groupe Dilated People, mais aussi son camarade de label Slug du groupe Atmosphère, et des vieilles branches tel que Styles P, Khrysis ou encore des jeunes pousses comme Rapsody, Jonwayne & Mach-Hommy. On pourra même remarquer une petite apparition de son fils sur By My Side Too. Cet ensemble de collaborations représentent bien la polyvalence du rappeur, bien qu’il ait une préférence marquée pour des storytellings perfectionnés. C’est justement ce qui ne trompe pas, malgré le temps, les productions et les thèmes, la plume reste tranchante et les textes marquants. Les capacités d’Evidence à s’adapter et a utiliser les productions de manière optimale sont aussi a souligner, comme notamment sur le morceau Rain Drops où il utilise son flow très lent et une diction proche de la narration pour accompagner une instrumentale très posée et adaptée au thème choisi d’une journée chez soi pendant laquelle l’artiste se remémore certains souvenirs à la vue de la pluie qui tombe sur ses fenêtres.

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➡ Le « dad rap », pas un phénomène de mode mais une véritable tendance

Ce qui est incroyable avec Evidence, c’est que même sur du kickage classique pur et dur sur des prods plutôt sombre comme dans Sell Me This Pen, l’artiste arrive a amener une bonne humeur, un rayon de soleil, de par sa voix et ses textes. Mention spéciale pour Mach-Hommy, qui, dans l’ombre de ses confrères de Griselda (entre autres) arrive a se faire une place sur le morceau, réussissant à briller et à montrer ses talents auprès des deux confrères de longue date que sont les Step Brothers. Dans les morceaux marquants, on pourra noter le fameux tour de passe-passe sur Runners accompli avec son camarade de longue date Defari. Ce n’est pas leur coup d’essai, les deux perforateurs avaient déjà tenté l’exercice sur Don’t Hate, apparu sur l’EP The Layover sorti en 2008. C’est la troisième apparition de Defari sur les projets d’Evidence, il a seulement raté Cats & Dogs, preuve que leur collaboration est durable. Ce ne sont pas les premières retrouvailles, puisqu’Evidence fut le producteur de Rare Poison, le dernier album du rappeur de Santa Monica sorti le 27 Octobre 2017.

On notera aussi Love Is The Funny ThingEvidence, Khrysis, Rapsody & Styles P se demandent s’ils allaient être autant apprécié s’ils n’étaient pas devenus des artistes reconnus et validés par leurs pairs. C’est donc un carton plein pour le météorologue de Los Angeles, avec un album qui comme les saisons commence de manière triste et sombre pour finir par laisser place au beau temps et aux jours heureux. Le rappeur de 41 ans montre qu’il en a encore dans le ventre, et que ce que la plupart qualifiaient de « dad rap » pour parler du dernier album de Jay-Z, 4:44 n’est pas un phénomène de mode mais bien quelque chose de constant, bien que moins mis en avant ces derniers années avec l’explosion de la trap et de la drill. L’album est un véritable bijou, et pourrait bien se classer parmi les meilleurs albums de 2018, bien que nous soyons encore qu’au mois de janvier. Cela dit, on aurait pu apprécier quelques invités supplémentaires, notamment une collaboration avec les collègues d’Alchemist, WestSide Gunn & Conway ou Roc Marciano, au vu de leurs goûts et styles en commun.



Bien que ces collaborations n’aient pas eu lieu sur l’album, pour notre plus grand malheur, il semblerait étonnant que les quatre performeurs ne croisent pas le micro ensemble prochainement. Alors que nous vivons des jours heureux dans le rap américain, 2018 semble démarrer de la même manière que l’année 2017 s’est terminée, et cela ne présage que du bon pour la suite des évenements. Espérons donc que le météorologue ait donné le « la » pour les artistes qui vont le suivre et que la météo, elle, soit clémente…

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