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Annoncé pour le 29 juin, l’EP du groupe nîmois ouvrira la saison estivale du rap hexagonal, avec les albums de MRC et de Take A Mic. Alors que nous les avions interviewés il y a quelques mois de cela, et qu’ils nous livraient leur intention de sortir leur propre projet sans Maxenss, présent sur Southcoaster, le trio passe à présent à l’acte. Deux sons furent clippés, Wheelin ainsi que Où on va. Les deux résultats sont rafraîchissants, avec deux sons qui s’écartent de la norme actuelle dans notre cher rap français. Le premier est complètement décalé, où c’est “pertinent d’être impertinent” rendant inévitable l’affirmation “nique le rap conscient vive l’entertainment’. Le second degré est la voûte de ce morceau, plutôt original avec une grande spontanéité, marques de fabrique du groupe gardois.

Où on va prend un autre virage, avec un grand côté flamenco, dû notamment à la présence de la chanteuse La Yegros avec un timbre de voix plus chaud accompagné des rythmes de guitare. Une chanson pouvant se déguster avec un cocktail au bord de mer, répondant parfaitement à leurs revendications de “Mâles fêtards”. Kintsugi est aussi un excellent moyen de mettre en avant leur ville de Nîmes. Très fiers de cette dernière, ils s’affichent régulièrement en concert avec des maillots du Nîmes Olympique, et ont attribué à deux morceaux des noms rappelant une tradition nîmoise: la tauromachie. Avec Faena et Toreador, Alien, Pex et Vinsi peuvent ainsi partager des sujets absents dans le répertoire des autres rappeurs.

Ce groupe est à suivre car leur succès s’accentue même si leur communauté reste restreinte et surtout régionale. Il y a une expansion de plus en plus forte sur le territoire français, notamment grâce au travail de Pauline Reignault, leur chef de projet. Leur originalité, leur rap influencé par tous genres de musique, dont le rock ou la pop, changent et permettent d’envisager le hip-hop sous un autre angle. Ne pourrait-on pas parler d’un style musical qui leur appartient et qui leur est propre? Certainement, car ils ont construit une identité musicale  qui apparaît fortement, et ce depuis Southcoaster. 

Le VSO a eu un coup de pouce avec la présence de Maxenss sur ce projet, populaire sur les réseaux sociaux, mais ils semblent bien partis pour décoller de leurs propres ailes avec Kintsugi. Le groupe n’est pour l’instant pas une machine à hit, mais l’alternative qu’il propose devrait séduire un large public, si la médiatisation est conséquente, dans les semaines, voire les mois à venir.

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