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Le rappeur niçois a fait son retour la semaine dernière avec un EP intitulé Ma version des faits sorti sur Don Dada Records, le label d’Alpha Wann (1995). Après NSMLM (acronyme de « nique sa mère le maire », réplique culte de La Haine de Mathieu Kassovitz qui fait aussi référence à ses propres démêlés avec l’actuel maire de Nice, Christian Estrosi), Infinit’ fait son retour sur huit titres soignés dont une collaboration avec Barry, Veust (artistes issus de son label D’en Bas Fondation) et le légendaire Max B, une autre avec le duo belge Cabellero et JeanJass et une dernière avec Alpha Wann. Côté production, on retrouve une diversité de profils en termes de sonorités, d’univers et de parcours, avec d’un côté le duo Brillant Corners et d’autre part des pointures comme Frencizzle (Gucci Mane, Chief Keef, Booba), Hologram Lo’ (issu de L’Entourage) et VM The Don (Lomepal, Nekfeu, Hayce Lemsi). Au préalable, le rappeur a fait un passage sur Brooklyn – Paris, mixtape estampillée Red Bull et produite par Harry Fraud, puis sur ULMA d’Alpha Wann avec Le tour. Un gain d’exposition qui confère de nouveaux enjeux à cette sortie…

HHR : Tu n’as pas voulu faire énormément de promotion avant la sortie du projet, qui a d’ailleurs été annoncé seulement une semaine avant sa sortie, quelles en sont les raisons ?

Infinit’ : Il n’y avait pas vraiment de calculs, ça s’est fait de cette façon parce que je devais le sortir un peu avant initialement, il était déjà prêt, et au final avec les sorties d’Alpha Wann, nous n’allions pas nous marcher dessus. A la base, Ma version des faits devait sortir entre Alph Lauren 3 et UMLA. Finalement, je trouve que c’est pas plus mal comme ça, surtout que je ne m’attendais pas à de tels retours sur notre titre commun extrait de UMLA et ça m’a permis de bénéficier d’une certaine exposition.

HHR : Puisque tu parles d’Alpha Wann, j’aurais aimé savoir quel rôle occupait-il dans ton développement, s’il occupait une sorte de rôle de directeur artistique ou équivalent ?

Infinit’ : Pas de directeur artistique en tant que tel, mais il va donner son avis parce que je lui demande. En revanche, Hologram Lo’ pourrait davantage endosser cette casquette parce qu’il touche à la réalisation.

HHR : Comment s’est faite la connexion avec Caballero & JeanJass ?

Infinit’ : Avec Caba et JeanJass, finalement, on se connaît depuis un moment maintenant. Je les croisais souvent dans des studios, des concerts, j’ai fait leur première partie à La Machine du Moulin-Rouge et on s’est rendus compte qu’on avait jamais fait de véritable featuring ensemble. Je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais, surtout qu’artistiquement, c’est des mecs qui me plaisent à fond.

HHR : Il y a un autre featuring qui pourrait paraitre surprenant, celui avec Max B…

Infinit’ : Il faut préciser qu’à l’heure actuelle, Max B est enfermé et c’est un contact en commun qui l’a ramené, Masar. A la base ce dernier était son ingénieur du son, avant de rentrer en prison. Masar m’a envoyé ça par surprise, il sait que je suis fan et que c’est mon rappeur préféré, et il m’a fait plaisir de cette façon. Sur le titre du projet avec Max B, il faut préciser qu’à la base, c’était un morceau de Barry qui avait déjà fait le refrain, et lui adore commencer un morceau et ne jamais le terminer. Du coup, j’ai écouté ça, c’était un hit, j’ai fait mon couplet et je voulais Veust sur le projet. Tant qu’à faire, autant qu’on soit tous sur le même titre. Max B dédicacait Veust, Barry et moi, donc c’était parfait pour le morceau.

HHR : T’as également fait une apparition remarquée sur la mixtape Red Bull produite par Harry Fraud récemment !

Infinit’ : Pour le coup, cela n’avait rien à avoir avec Masar la connexion mais quand je parlais avec Harry Fraud, on a évidemment parlé de lui.

HHR : Logiquement, la prochaine étape serait le featuring avec French Montana ?

Infinit’ : Pourquoi pas ? Je l’ai déjà rencontré en plus, et cela n’avait rien à voir avec le rap, j’étais allé le voir avec mon coiffeur. En fait, mon coiffeur devait aller couper les cheveux de French Montana et il savait que je le kiffais donc naturellement il m’a proposé de venir avec lui à son hôtel, au Carlton à Cannes, j’ai évidémment accepté. Au final j’y suis allé, j’étais dans la suite avec French et sa famille, sauf que mon coiffeur parlait pas anglais, donc il est venu me chercher afin que je lui explique quelle coupe voulait French. On a parlé mais c’était un kiff parce que dès que j’ai vu que French traînait avec Max B, je m’y suis directement intéressé.

HHR : Est-ce que le titre Ma version des faits a un rapport avec l’affaire Estrosi ?

Infinit ‘ : Ca mêle un peu tout. Dans un truc plus généraliste, c’est ma version des faits, de façon générale. Je parle de la vie, du rap, condensé sur 8 titres. D’ailleurs j’aime bien ce format parce que je travaille beaucoup sur un seul titre donc je préfère privilégier un format un peu plus court, qui me permettra de sortir un peu plus souvent, et quand ce sera le bon moment, je ferai un format plus long.

HHR : J’ai l’impression qu’il commence à se passer quelque chose autour de ton label DBF, vous redevenez tous productifs.

Infinit’ : Après t’as la vie, je suis le plus jeune, ils ont tous 10 piges de plus que moi, donc t’as plus les mêmes priorités. D’actifs, il y a Veust et moi, Barry, qui a fini sa carrière de basketeur, et d’autres vont surgir, ce n’est qu’une question de temps.

HHR : Tu as un objectif particulier avec ce nouveau projet ?

Infinit’ : De continuer sur ma lancée, et de franchir un cap, à l’image de tous mes précédents. En sachant que sur ce projet, il s’agit véritablement de la fin d’un cycle pour moi, la suite sera vraiment différente. Ca restera Infinit’ mais la suite n’aura vraiment rien à voir, surtout sur l’aspect musical.

HHR : On parlait de Max B, Harri Fraud, mais qu’est ce qui tournait dans ton téléphone pendant la conception de Ma version des faits ?

Infinit’ : Récemment, bizarrement, j’écoute plus trop de rap, j’écoutais surtout des artistes africains comme WizKid, Olamide. Le dernier truc que j’ai vraiment aimé, c’est même pas du rap, c’est la mixtape entre Ty Dolla $ign et Jeremih. Après Ty Dolla $ign, certains le considèrent comme un rappeur mais pas pour moi dans le sens où il chantonne pas, c’est vraiment des mélodies. Finalement ça m’inspire plus que du rap. Je reste focus sur mes projets donc c’est aussi l’une des raisons qui fait que j’écoute moins de rap. En vrai, je trouve que le rap français et américain tournent en rond de façon générale, et t’as plein d’ambiances musicales différentes mais un délire général qui reste le même. Finalement, des gens qui se démarquent, il n’y en a pas tant que ça.

HHR : Sur ce projet, j’ai l’impression que tu as fait appel à bien plus de producteurs différents, c’était une volonté de ta part ?

Infinit’ : Pas vraiment, ça s’est fait naturellement, je savais que je partais sur un truc court et j’ai décidé d’enmagasiner les titres afin de proposer du format court comme sur NSMLM.

HHR : Avec le recul justement, tu le situes à quelle place dans ta carrière NSMLM ?

Infinit’ : Je pense que c’est mon projet qui a parlé au plus de monde, le plus cohérent et le plus abouti jusqu’à présent, comparé à tout ce que j’avais sorti auparavant. Ça me permet de me concentrer beaucoup plus et de vraiment mieux travailler chaque morceau.

#Rétrochronique : La vie d’Infinit est un film

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