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Une explosion soudaine depuis moins d’un an, un single d’or à la clé en guise de récompense au travail fourni depuis le début des années 2010, Hornet La Frappe a eu un parcours rappologique atypique. D’abord formé par Busta Flex, puis façonné par Daymolition, le rappeur d’Epinay sur Seine semble d’ores et déjà disposer de nombreux atouts pour s’imposer telle LA sensation du rap français. De facto, comment se fait-il que le public rap français ait pu passer à côté d’Hornet la Frappe sur ces dernières années ? Hip-Hop Reverse revient sur la génèse du personnage et surtout sur ses perspectives d’avenir !

➡️ Hornet la Frappe : De Busta Flex à Daymolition, en passant par Epinay !

Busta Flex m’a appris beaucoup, il m’a connu jeune, il m’a apporté de l’expérience, on en apprend toujours. (Hornet la Frappe au micro de Kamoss Production)

Hornet effectua ses véritables débuts en solo dans le milieu, vers 2012, au sein du label TXT Productions, géré et dirigé par Busta Flex. Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce dernier est notamment l’un des meilleurs freestylers de l’histoire du rap français, ancien membre fondateur de IV My People et donc proche de NTM.

La connexion entre les deux entités s’était opérée par proximité géographique puisque les deux rappeurs suscités sont originaires du même quartier, à savoir Orgemont à Epinay sur Seine.

De cette collaboration, Hornet la Frappe aura surtout pu apprendre et enmagasiner l’expérience de Busta Flex, qui reste un rappeur marquant de la fin des années 1990/début 2000. Les capacités d’Hornet en freestyle sont héritées de Busta, d’une certaine façon, il en va de même pour la justesse et l’efficacité des flows utilisés par La Frappe dans ses sons studio.

Au-delà de cet héritage non quantifiable, un projet a vu le jour durant cette collaboration, sorti en 2014, il s’intitule « Réussir ou Mounir ». Le titre de l’album étant un jeu de mot entre le prénom d’origine d’Hornet et le film de 50 cent « Réussir ou Mourir ». Ce projet format court était placé sous le signe de l’ironie, à juste titre, puisque cet élément de style fait partie intégrante de l’univers du rappeur d’Epinay.

Sur 7 titres, Hornet la Frappe montre l’étendu de son potentiel, à travers ses égotrips, son refus du rap à thème, les jeux de mots, mais la plupart des tracks manquaient d’impact à cette période. D’ailleurs pour continuer sur le négatif, les sonorités de certains morceaux semblent dater d’avant 2014, ce qui n’est pas forcément rebutant mais le projet ressemble davantage à un bilan de toutes ces années passées au sein de TXT Productions plutôt qu’à une réelle carte de visite. Le projet contient notamment un featuring avec Busta Flex, qui est particulièrement intéressant afin de voir le mélange des univers, et ressemblant surtout à une passation de pouvoir entre les deux artistes.

Etant donné que nous parlons de featurings, les collaborations avec d’autres artistes ont été nombreuses depuis le début de la carrière d’Hornet la Frappe. Bien qu’inconnu à l’époque, en 2012 précisément, Hornet avait réussi à être proche de certains membres de « La relève », en collaborant avec Sadek puis avec Rabah. Quelques années plus tard, 2015, la connexion avec Sofiane était faite, sur le son    « Pied dans le Game », une année avant l’explosion du rappeur de Blanc-Mesnil. Cela montre deux éléments : Hornet était très à l’aise en featuring et semblait (et semble toujours) particulièrement apprécié cet exercice tel un poisson dans un bocal. Le second, la carrière du rappeur d’Epinay a commencé bien plus tôt que ce que l’on pense, et le niveau atteint par Hornet correspond à des années de travail dans l’ombre, sauf qu’à la fin la lueur est apparue.

➡️ Hornet aka la nouvelle sensation pure et sans artifice !

Après cette brève présentation de la première partie de la carrière d’Hornet la Peuf, allons au début de sa seconde carrière. Nous avions évoqué la sortie de son featuring avec Sofiane, en novembre 2015, qui n’avait pas rencontré un franc succès, logique au vue de l’exposition des deux protagonistes, à l’époque. Cependant, le même mois, Hornet la Frappe avait le droit à un morceau sur la OKLM Mixtape Volume 1, sobrement intitulé « Là t’as le seum », toujours très axé sur l’ironie, en atteste ce spoil de la série sur Game of Thrones, en plein refrain. Le succès n’est pas encore perceptible à ce moment précis, cependant Hornet peut se vanter d’avoir fait ses classes jusqu’à présent.

2016 correspond à l’année de la révélation pour le rappeur d’Epinay. Cela commence par avoir un rythme de sortie de sons réfléchi, en les mettant sur YouTube à un rythme régulier. Ce qui constitue une différence majeure par rapport à la première partie de sa carrière où la professionalisation n’était pas forcément toujours au rendez-vous. Le succès arrivera plus tard, mais dès cette époque Hornet prolongea sa collaboration avec Daymolition : la plateforme de révélation des talents.

L’histoire entre Daymolition et Hornet avait commencé en 2015, mais s’est poursuivie conjointement à la fameuse professionnalisation d’Hornet. Jusqu’au début de l’été 2016, Hornet patinait, ses clips tournaient autour des 200 000 vues, un début, mais rien de comparable avec la suite. A l’occasion, Hornet a renforcé sa collaboration avec Sofiane, en remixant le « #JeSuisPasséChezSo3 ». Intialement ce morceau rassemblait Sofiane et d’autres rappeurs qui selon les termes du rappeur de Blanc Mesnil « buzzaient sur internet ». Hornet la Frappe était l’invité manquant, mais l’ironie du sort a fait qu’un an plus tard, il semble avoir beaucoup d’avance sur la plupart des gens invités sur le son, hormis Ninho.

Parenthèse refermée, en Juillet 2016, Hornet la Frappe a sorti sur la chaîne Daymolition « Midi Minuit» qui atteindra le million de vues, pour la première fois de sa carrière, et sera surtout le premier signe de son ascension. Une ambiance maîtrisée, flow incisif, références ingénieuse doublées d’une efficacité assez impressionnante, et surtout un personnage auquel beaucoup de jeunes de quartiers peuvent s’identifier, pour la première partie.

La seconde partie est intéressante car elle permet à Hornet de s’ouvrir à un autre univers, plus grand public, mais surtout de prendre à contre pied et toucher un autre public. Ce son est le premier à avoir rencontré du succès, sorti en plein mois de juillet et montrant un fort potentiel pour un auditeur qui ne le connaitrait pas encore.

Désireux de ne pas perdre de temps, durant le même mois, Hornet enchaîne avec le « Chicago Freestyle », à travers lequel, il montre son utilisation habile de l’autotune, qui s’avère être très efficace. Ce mot est d’ailleurs le maître mot du rappeur d’Epinay, qui n’est pas forcément un artiste très original mais qui est surtout meilleur que l’ensemble du rap français.Puis comment ne pas aimer un son dans lequel la meilleure référence du rap français à Fababy est présente ?

Désormais, Hornet la Frappe sait qu’il a réussi à atteindre ce qu’il cherchait depuis presque 5 années et qu’il se doit de maintenir la cadence, c’est pour cela qu’en plein milieu du mois d’août, où il y a très peu d’actualité, sort le son « Tête à tête » qui rencontre un franc succès et atteindra près de 2 millions de vues. L’été est une période peu propice à la sortie de sons, Hornet a exploité au maximum cette opportunité, est-ce calculé ou un simple hasard des choses ? Lui seul le sait !

L’été 2016 était une période charnière pour Hornet, mais à la rentrée, la consécration était au rendez-vous. En septembre son nouveau morceau « La cité de Dieu » a rencontré un franc succès et surtout « Gramme 2 Peuf », son à travers lequel un triste hommage à la spécialité de son quartier est rendu, mais qui a rencontré son public puisqu’il a décroché son premier single d’or avec ce son.

 

➡️ 2017 : Vers l’infini et au-delà !

Son univers est sa force, cela ne sort pas forcément du lot, mais Hornet a réussi à se construire un personnage du rebeu de cité qui doit s’en sortir par tous les moyens, et qui a vécu au contact de nombreuses drogues, rarement évoquées chez d’autres rappeurs. Notamment, la cocaïne, où il reprend le terme branché « Peuf » pour évoquer cette drogue, ainsi que l’héroïne, dont toute la partie de ce 93 était une plaque tournante dans les années 90.

Suite à son année 2016, Hornet prend l’année 2017 pour une formalité, disséminant divers sons à intervalle régulier, en featuring ou en solo, mais sachant qu’il rencontrera toujours un certain succès et que son public est fidélisé. Il y a notamment eu un featuring avec Sofiane, sur le projet « Bandit Saleté », sur le morceau « Le Cercle », une apparition sur un gros projet mainstream, il ne manquait plus que cela pour garnir un CV déjà bien rempli.

Il y a également eu un feat avec Hooss, montrant que Hornet s’exporte désormais à travers tout la France, anecdotique par rapport à ce qu’il réalise depuis plus d’un an.

Cependant, il faudrait également saluer ses différentes performances sur les différents freestyles qu’il a réalisés, que ce soit pour OKLM ou sur Skyrock, à Planète Rap.

On pourrait de nouveau parler de la transmission de talent de Busta Flex sur ce genre d’exercice. Ce succès montre également que les années 2016/2017 de Hornet sont le résultat de 5 années de charbon dans l’ombre, est-ce inespéré ? Mérité, plutôt. Ce qui est intéressant sur cette période est de constater que Hornet n’est pas en major mais ses moyens de communication et développement semblent équivalents. Précisions que le rappeur d’Epinay bosse au studio 50K (Gradur, Niska, GLK), tout en étant très proche de l’équipe Daymolition, qui est désormais une alternative aux maisons de disque pour se développer. Désormais, la véritable question est de savoir quand sortira son projet !

➡️ Le tant attendu premier projet d’Hornet la Frappe !

Mais la véritable question est de savoir à quoi s’attendre d’un projet du rappeur provenant du quartier d’Orgemont. Dans un premier temps, le format court devrait être privilégié afin de proposer une véritable carte de visite, en soi un EP 8-9 titres.

Sur le contenu, l’idéal serait de le voir expérimenter des nouveaux univers, dans le but de montrer qu’il ne sait pas faire seulement de l’egotrip. La seconde option serait de faire un projet sur lequel Hornet rapperait du début à la fin, sans sortir de sa zone de confort, mais le risque serait de lasser éventuellement le public. Ce qui ne serait pas un bon calcul pour un premier projet, dont le but serait de le présenter auprès du grand public.

Sur le rap pur et dur, espérons qu’il variera le plus possible de flows afin de montrer l’étendue de sa palette technique et aussi d’écarter cette critique qui est la plus formulée.

Concernant, les featurings, cela pourrait être intéressant de ramener un rappeur ayant un univers distinct du sien, afin de le sortir encore une fois de sa zone de confort. Cependant, Hornet en a fait beaucoup sur ces dernières années, ce qui pourrait être superflu ou éventuellement les garder pour un album.

Si cette théorie de l’EP voit le jour, espérons que l’album suivra dans la foulée, afin d’avoir du contenu et non plus des sons disséminés à droite à gauche sur YouTube. En tout cas la sensation Hornet la Frappe est l’une des plus intéressantes à suivre en ce moment !

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